En janvier 2001, le ministre de la défence annonce que 4 soldat français ayant servi en ex-yougoslavie souffrent d'une leucémie.
En Suède, la présidence de l'UE estime qu'il faut analyser les risques médicaux.
Le pentagone minimise le danger et refuse d'enquéter plus avant.
Des mesures effectuées par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) sur 10% des cibles atteintes par des obus à uranium appauvri au Kosovo, révèlent que 8 d'entre elles sur 11 sont "considérablement contaminées" par de la radioactivité.
La commission médicale spéciale, en Italie parle de "18 cas suspects", dont 8 décès. L'Italie est soutenue par la France dans démarche d'enquête auprès de l'Otan. Plusieurs cas de leucémie concernent des militaires français ayant servi en Bosnie (1994-1995).
Le 8 janvier, l'Allemagne et la Russie réclament à leur tour des éclaircissements à l'Otan. Gerhard Schröder exige un examen complet des sites visés. Moscou, de son côté, se prononce pour que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) détermine le niveau des risques.
Les membres de l'OMS décident de multiplier les études pour déterminer si l'uranium appauvri est à l'origine du syndrome.
Le gouvernement britanique décide enfin de lancer un programme d'examen. Le ministère de la défence met en place un bilan épidémiologique sur un an.
Le 24 janvier, l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a demandé aux Etats membres de l'organisation d'interdire la fabrication, l'utilisation et la vente des munitions utilisant de l'uranium appauvri ou du plutonium. De plus, le conseil demande à l'Otan et à l'Onu de mettre en place un programme de surveillance médicale des populations civiles dans les Balkans, des soldats qui ont participé aux opérations, des membres des organisations humanitaires et des journalistes ayant travaillé sur le terrain. Les parlementaires s'inquiètent notamment de la "diffusion des polluants dans l'atmosphère, les cours d'eau et le sous-sol" qui résultent des opérations menées par l'Otan en République fédérale de Yougoslavie lors de la crise du Kosovo, en 1999.
En même temps, à Bruxelle, le Comité réunissant 50 pays mis en place par l'Otan il y a deux semaines n'a découvert aucune preuve d'un lien existant entre les munitions contenant de l'uranium enrichi et des cas de cancer.
Les soldats ayant participé à des missions en Bosnie et au Kosovo - où les Etats-Unis ont largué 40.000 bombes à uranium appauvri - ne sont pas tombés plus souvent malades que leurs collègues ayant servi ailleurs, a indiqué le président de ce Comité, Daniel Speckhard. Selon l'Otan, il n'y a aucune preuve que l'uranium enrichi provoque le cancer.
Dossier réalisé par L.M., publié le 14 février 2001